Encore une adolescente qui meurt

Je suis bouleversée.
Encore une adolescente qui meurt.
Encore une voix qui n’a pas été entendue.

Camélia, 17 ans.

Une enfant, en réalité.

Un dernier message à sa mère : « T’es la meilleure maman du monde ».

Elle parlait de harcèlement.
Elle demandait de l’aide.

Elle a été convoquée par la direction de l’école , recadrée, renvoyée à une prétendue « victimisation ».

Et elle est repartie seule, avec ce poids-là.

Comment peut-on encore accepter que la parole d’un enfant soit retournée contre lui ?

Comment peut-on entendre une souffrance et répondre par une sanction annoncée ?

Comment peut-on laisser un jeune sortir d’un bureau, en détresse, sans filet, sans tiers, sans protection ?

Je pense à cette mère….
À ce message.

À cette culpabilité qui ne devrait jamais exister.
Le harcèlement scolaire n’est pas un conflit ordinaire.

Ce n’est pas « des histoires d’ados ».

Ce n’est pas un problème de caractère.

C’est une atteinte profonde à la construction, à l’estime de soi, à la survie parfois.

Écouter un enfant, un ado … ce n’est pas le convoquer pour lui expliquer ce qu’il aurait mal compris.

C’est le croire suffisamment pour le protéger immédiatement.

C’est suspendre, sécuriser, entourer.
C’est associer la famille.

C’est ne jamais rester seul avec une détresse exprimée.

À force de minimiser, de douter, de renvoyer dos à dos, on brise.

Et parfois, on ne peut plus réparer.

Pour Camélia.🖤

Pour tous les autres.

Pour que la parole des enfants ne soit plus jamais traitée comme un problème à gérer, mais comme une urgence à protéger.🖤